De la notion de « bêta perpétuelle » comme conséquence de la révolution numérique : l’exemple de la nouvelle version du site web du Champagne Mailly Grand Cru

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De la notion de « bêta perpétuelle » comme conséquence de la révolution numérique : l’exemple de la nouvelle version du site web du Champagne Mailly Grand Cru

Mailly Grand Cru est un client à part pour Monogramme car cette prestigieuse maison de champagne est la toute première à avoir fait confiance à Monogramme, il y a maintenant 4 ans. J’ai envie aujourd’hui d’expliquer pourquoi cette relation forte que nous avons nouée est symptomatique de la révolution numérique que nous connaissons aujourd’hui.

1. UN MODE DE COLLABORATION BASE SUR L’ÉCHANGE ET L’ENRICHISSEMENT MUTUEL

Depuis que nous travaillons ensemble, et outre les échanges réguliers par téléphone ou email, nous faisons le point physiquement deux ou trois fois par an sur l’ensemble des sujets et actualités de l’entreprise (performance commerciale, nouveaux produits, actualités presse). De cette façon, je suis en permanence au courant des problématiques qui se posent à l’entreprise au quotidien. Ceci me permet de garder en tête ces informations tout au long de l’année et de les faire « murir » patiemment pour y répondre adéquatement le moment venu.
Ces rencontres sont également l’occasion pour Monogramme de « donner de la matière » à l’équipe Mailly. Je les fais donc profiter d’une veille permanente sur de nombreux sujets liés aux problématiques marketing et communication au sens large. En quelque sorte, il s’agit de montrer, avec de nombreux exemples, à un instant T, « l’état de l’art » et les nouveautés issues de plusieurs secteurs d’activité, celui des vins et spiritueux compris évidemment. Nous échangeons collectivement sur ces thématiques, les confrontant aux réalités de l’entreprise, du « trade » et de la marque.
La conséquence de ce fonctionnement est une collaboration régulière depuis 4 ans, avec un degré de confiance croissant. Ce qui est particulièrement intéressant quand une entreprise comme Mailly est dans une démarche d’optimisation permanente de l’existant. Et voici le lien avec le 2ème point!

2. LE CONCEPT de « BÊTA PERPETUELLE »

Qu’est ce qu’une « version bêta »? Tout d’abord on appelle version bêta la première version, non aboutie, d’un site internet ou d’un logiciel. Une bêta est en quelque sorte une maquette permettant de commencer à tester les fonctionnalités, l’ergonomie, la perception des clients alors que le le produit est encore à l’état de projet. Une bêta n’est donc pas tout à fait le produit fini, mais on en devine les grandes lignes et on sait alors quels sont les points qu’il faut corriger avant d’aboutir au produit final.
Historiquement, après la ou les versions bêtas venait la version finale que le client peut acheter, et (théoriquement!) 100% fonctionnelle. Une fois en place, cette version vivait alors sa vie durant quelques années. Avant qu’on ne la change – de façon assez radicale parfois – sous l’influence de ruptures technologiques ou l’avance prise par des concurrents.  Passer à la version suivante se faisait alors selon un processus classique : développement d’une version bêta pour la nouvelle version, test, puis mise en ligne, etc. Ce schéma de fonctionnement avait pour principal handicap le temps et le coût généré pour passer d’une version à une autre.
J’ai découvert le concept de bêta perpétuelle il y a quelques temps. Pour schématiser, on pourrait dire qu’un site internet n’est plus vu comme quelque chose de figé qui subira tous les 3 ou 4 ans une évolution majeure, mais comme un outil en perpétuelle évolution avec des modifications douces, progressives, parfois invisibles pour le grand public.

3. LA PREUVE PAR L’EXEMPLE : la nouvelle version du site internet Mailly Grand Cru (cliquer ici pour voir le site)

Comme on peut le voir sur les 2 images ci-contre, le site avait subi une évolution « de rupture technologique » en 2009, passant d’un outil assez rudimentaire à un véritable prolongement de la marque sur internet, grâce à l’emploi d’un nouveau langage de programmation permettant un design graphique et une ergonomie grandement améliorés.
La nouvelle version du site, mise en ligne il y a quelques jours, est je crois un bon exemple d’application du concept de bêta perpétuelle. Les changements sont légers, certains imperceptibles. Ils prennent cependant en compte des évolutions à la fois technologique et de vision même de ce qu’est internet en tant qu’outil de dialogue.
Tout d’abord le contenu visuel et multimédia a été enrichi (galeries photos, 2è film consacré aux vendanges). Cela peut paraître simple mais internet offre un espace illimité, autant en profiter pour exposer les cibles à la richesse de sa marque. Dans le cas de Mailly c’est notamment un fond photographique d’excellente qualité qu’il fallait mettre en scène et en valeur.
La rubrique actualités a également été revue en profondeur. Nous sommes passé d’un système d’actualités qui se suivent à une publication sous forme de « billets » dans un espace dédié, avec un classement par catégories. Vous aurez reconnu les fondamentaux d’un blog. Et c’est effectivement une plateforme technique de type blog (WordPress en l’occurence) que nous utilisons pour gérer ces actualités. Deux avantages : lecture non linéaire possible et possibilité d’interaction avec le lecteur. Sans compter la création de contenu hautement facilitée (publication depuis un smartphone…), avec comme objectif davantage de publications.
L’ouverture d’une galerie photo sur un site « communautaire », de partage (Flickr) est une autre évolution intéressante.

4. CONCLUSION
Une fois de plus, internet n’est pas uniquement un « support » d’information, ou le média des médias (cf mon interview par Bourgogne Live à ce sujet lors de la conférence Amorim en Novembre 2010). Internet a modifié la façon même dont nous envisageons désormais la conduite du changement et la gestion d’un projet. L’exemple de la nouvelle version du site Mailly Grand Cru n’est qu’un petit et modeste exemple.
De nombreux autres illustrations de ce phénomène existent. Je pense notamment au concept d‘entreprise liquide, brillamment développé par Francis Pisani et Dominique Potet dans leur livre passionnant « L’Alchimie des Multitudes, comment le web change le monde« . Ces auteurs expliquent comment les organisations évoluent sous l’influence de la révolution numérique. Très schématiquement, le modèle hiérarchique, les structures verticales s’horizontalisent*, deviennent plus floues, voire liquides. L’entreprise tend à fédérer des compétences (plus que des statuts ou des fonctions) au service d’un projet. Je vous invite à lire ici ce chapitre sur l’entreprise liquide.
Le statut « administratif » et la position hiérarchique sont remplacées par l’expertise et la motivation à faire partie d’un « projet », général ou spécifique, en perpétuelle évolution. En somme, l’entreprise elle même est une bêta perpétuelle.

* voir également à ce sujet d’horizontalité l’interview d’Ophélie Neiman (Miss Glou Glou) sur le rapport entre un blogueur et ses lecteurs.

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